Au-dessus de Lourtier, dernier village avant le barrage de Mauvoisin, la route monte entre les mélèzes jusqu'à un mayen qui se tient là depuis 1850. Devant lui, un pré de près de quinze cents mètres carrés, deux terrasses dallées, une fontaine creusée dans un tronc de mélèze — et la vallée qui s'ouvre jusqu'aux Combins.
Madriers noircis par le soleil, socle de pierre, toit en dalles : le mayen est authentique, et il a été entretenu. La rénovation de 2002 lui a apporté un jardin d'hiver, une toiture isolée et le confort qu'il faut à une famille pour une saison.
L'eau vient d'une source en consortage privé ; l'électricité, des panneaux solaires et d'une génératrice ; la chaleur, du feu de bois. L'été, on monte en voiture jusqu'à la porte. L'hiver, la route s'arrête plus bas et l'on finit à pied, en raquettes ou à peaux de phoque — c'est précisément ce qui garde le silence intact.